Dans cette deuxième partie, Florian SUCH, expert en conseil et formation Santé Qualité de Vie au Travail et membre de la communauté WEEM, vous expliquera pourquoi il est important d’identifier nos besoins pour  améliorer la qualité de nos relations avec les autres et avec nous-mêmes.

"Devenons le changement que nous souhaitons voir dans le monde"

Dans la première partie de notre article, nous avions vu pourquoi nous pouvions nous rendre la vie difficile et combien il était parfois compliqué d’exprimer nos sentiments sans intention de vouloir dominer l’autre en le rendant responsable de notre état émotionnel.

Nous avions alors introduit la possibilité de prendre conscience de nos états émotionnels et d’aller en chercher la cause, que nous appelons des besoins.

Mais pourquoi identifier nos besoins est-il si important ? En quoi cela répond-il aux difficultés que je vis, d’autant plus exacerbées que je suis confiné et privé de tout contact physique avec mes collègues de travail ?

Pourquoi identifier nos besoins ? (mots clés : critiquer, évaluer, communiquer)

Parce que si j’arrive à communiquer mes besoins à l’autre, il pourra mieux contribuer à me rendre la vie plus belle, beaucoup plus que si je l’agresse et je le critique. Comment expliquer ce phénomène qui parait si simpliste ? Nous avons tous un élan naturel à vouloir contribuer au bien-être de l’autre, mais que nous avons oublié de par notre éducation et notre parcours de vie polarisés sur le bien et le mal.

Communiquer nos besoins permet de chercher l’élan de contribution chez l’autre car nos besoins sont universels et donc communs à tous. Ce qui diverge entre les individus, ce sont les stratégies qui permettent de les combler.

Mais alors, comment les identifier ? Combien existe-t-il de sorte de besoins ?

De base, il en existe neuf, que nous pouvons ensuite étendre à une vingtaine.

  • Manger, boire, dormir = soins corporels
  • Bien être, protection
  • Sécurité
  • Compréhension, empathie
  • Créativité
  • Amour, intimité
  • Jouer, détente, repos
  • Autonomie
  • Sens, spiritualité

Mais bien souvent nous n’en avons pas connaissance car il n’est pas dans notre éducation de parler de ce qui est vivant en nous et de ce qui nous rendrait la vie plus belle. Nous sommes plutôt dans une culture d’évaluation entre ce qui bien et mal, juste ou faux, bon ou mauvais… (cf. première partie de l’article). Ainsi, je peux développer une croyance qui se construit autour de l’idée que je n’ai pas le droit d’avoir des besoins : je n’ose pas exprimer ce qui serait important pour moi de peur du regard des autres.

En conséquence, je passe mon temps à me justifier, je tergiverse et je deviens assommant pour l’autre quand je tente une expression de mes besoins teintée d’hésitation et de culpabilité. Sa réaction alors « irritée » viendra confirmer la crainte que je n’ai pas le droit d’être écouté(e), compris(e), reconnu(e) dans mes besoins.

Mais persévérez, osez parler de vos besoins et faîtes une demande à votre interlocuteur pour toucher son élan de contribution. Soyez seulement attentif au fait que ces besoins n’ont rien à voir avec une personne unique ou un geste particulier impératif ; Sinon il risque d’inclure une demande implicite qui pourrait ensuite être perçue comme une exigence.

Mais alors comment exprimer ce que j’attends de l’autre, comment toucher son élan de contribution naturelle à vouloir mon bien-être ?

La demande (mots clés : exigence, stratégie, demande, jugement)

Tout d’abord, il s’agit d’être au clair avec soi-même. Ce sentiment que je ressens n’est pas de sa responsabilité. Il est révélateur de l’état de MON système interne.

Ensuite, si je parle bien de mes besoins, ceux-ci sont universels et donc peuvent être compris et acceptés de tous. Ce qui est très différent des stratégies possibles pour les combler. Par exemple, si j’ai besoin d’empathie et de soutien, cela peut passer par une demande que je m’adresse à moi-même ou à une tierce personne avec différentes manières de procéder.

Ainsi, la demande que j’adresse, ne doit pas être une stratégie prédéterminée ni dépendre d’une seule et unique personne car elle gênerait une attente de ma part et serait donc teintée d’exigence. L’autre doit ressentir qu’il a le choix de répondre ou non à ma demande. Nous avons tous une disposition naturelle à vouloir contribuer au bien-être de nos semblables, il y a  donc peu de chances que la personne exprime des réticences. Et si c’était le cas, c’est qu’elle a de bonnes raisons et je continue à lui témoigner du respect. L’autre ne le fait que s’il a l’élan de le faire en décidant librement de réaliser, ou non, l’action demandée. C’est ce qui fait que ma demande est empreinte de compréhension, en lui demandant un feedback pour savoir si ça serait ok pour lui. Il pourrait à son tour vous faire une proposition légèrement différente qui pourrait vous satisfaire.

Il est important ici de comprendre qu’il ne faut en aucun cas forcer la décision. Je ne prescris pas ce que l’autre doit penser, ressentir, ce qu’il doit être ou faire. Je n’ai pas de jugement moralisateur qui viserait à infléchir sa décision en ma faveur en montrant ce qui est bon ou mauvais, juste ou faux. Formulez votre demande sans « tu dois… »

Je dis seulement ce qui me ferait plaisir, là et maintenant, de manière claire : une action pour que ma vie soit plus belle. Dans le cas contraire, le lien empathique serait rompu, le plaisir de donner détruit et la relation de confiance perdue.

Les points à retenir

En synthèse, il s’agit de communiquer à l’autre ce qui est vivant en soi et ce qui me rendrait la vie plus belle de la manière suivante : 

  • « J’ai vu… » une situation précise et particulière que j’observe
  • « Je me sens… » nommer ce que l’on sent
  • « J’ai besoin de… » identifier ce dont on a besoin
  • « Je veux te demander de faire… » dire ce que l’on veut de manière claire, précise, ici et maintenant
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