Dans cette première partie, Florian SUCH, expert en conseil et formation Santé Qualité de Vie au Travail et membre de la communauté WEEM, vous apportera un éclairage pour vous aider à décrypter vos émotions et celle d’autrui et ainsi instaurer un climat plus sain en cette période de confinement.

"Devenons le changement que nous souhaitons voir dans le monde"

En période de télétravail dans un contexte de confinement forcé, nous pouvons avoir des pensées ou des sentiments plus ou moins agréables à cause de besoins qui sont difficiles à satisfaire : besoin de liberté, de moments pour soi…

  • Dans un contexte de promiscuité de longue durée, savons-nous exprimer à l’autre ce que nous ressentons et ce dont nous avons besoin ?
  • Comment pouvons-nous lui faire comprendre en quoi son comportement nous dérange sans qu’il se sente jugé ?
  • Savons-nous dire non, et exprimer une demande qui ne soit pas perçue comme un reproche ou une exigence ?
  • Comment pouvons-nous mieux vivre avec notre conjoint, nos enfants et nos collègues à l’heure du télétravail et du confinement ?
  • Comment pouvons-nous nous rendre la vie belle en de telles circonstances ?

Décoder ses sentiments ? (mots clés : reproche, colère, sentiment)

Globalement nos sentiments sont liés à des émotions de joie ou de peine.

Pourquoi est-ce souvent un problème d’exprimer ses sentiments ?

Exprimer ses sentiments a souvent des conséquences sur la qualité de la relation à l’autre. D’une part, parce que les sentiments de tristesse, de colère sont connotés négativement. D’autre part, leur expression est souvent accusatrice et perçue comme un reproche par l’autre. Par exemple, si je suis en colère, l’autre peut me répondre : « tu es un homme colérique ». Or, cette évaluation est déconnectée de ce qui est vivant en moi : c’est un langage statique qui enferme l’autre et va assurément le faire réagir.

Comment exprimer mes sentiments si je pense que l’autre est responsable de ce que je ressens ?

Nous pensons souvent que c’est l’autre qui a déclenché notre état émotionnel, qu’il en est le seul responsable.

Or, il n’en est rien. Ce sont mes pensées qui me mettent en colère ou qui me font souffrir. Ma pensée fait naître la colère, pas la personne. Et s’il arrive à me déstabiliser par des propos que je trouve blessants, c’est que nos pensées sont proches : nous sommes finalement deux pions du même jeu. Si j’entre en colère, ce n’est pas une remarque qui me dérange, c’est que j’entre dans le même schéma de pensée.

Si, dans le cadre du confinement, j’entends des propos sexistes dans mon entourage, il est important de comprendre pourquoi je réagis, quelle en est la cause. A vivre 24h/24 dans un espace réduit, la fréquence des interactions est plus importante. Il serait profitable pour tous de pouvoir désamorcer rapidement des tensions. En télétravail, il ne sera pas toujours possible d’avoir une discussion off pour réguler une tension lors d’une réunion. Alors la prévention est de mise. Exprimer ses sentiments sans juger et culpabiliser permettra de réduire en amont le risque de tensions relationnelles.

Pourquoi, à certains moment, je me sens si mal ?

Le confinement réduit le nombre d’activités possibles. Ainsi, je peux me trouver à réfléchir sur moi et ruminer des situations du passé ou angoisser quant à la situation actuelle (maladie, finances…).

Par exemple, je peux me sentir mal dans le cas où l’autre exprime vis-à-vis de moi ce qui est juste, faux, bon ou mauvais. S’il a un comportement moralisateur (« je suis … », « je devrais faire… ce qui est normal ») et que je ressens de la honte, c’est parce que mon attitude intérieure me pousse à le croire. Je lui donne le statut d’une autorité extérieure qui sait ce qui est bien ou pas et je me coupe de mon intériorité, de mon vivant.

Ainsi, si je veux que les autres prennent le pouvoir sur ma vie, je me soucie de savoir ce que les autres pensent de moi et de comment « je dois réagir ». Je me place ainsi en position de victime. Je me juge coupable, j’ai honte et j’entre potentiellement dans une forme de dépression.

A contrario, je peux aussi avoir la tentation de prendre le contrôle de la vie des autres. Lorsque je suis en colère et que j’estime que l’autre en est responsable, mon reflexe est de vouloir le blesser. Je me comporte comme un roi qui juge. Et même si temporairement j’ai convaincu l’autre qu’il a tort, il est fort à parier qu’il se prendra pour un roi à son tour dès qu’il en aura l’opportunité.

Chercher les causes de ses sentiments ? (mots clés : douleur, besoin, colère)

A l’opposé, je pourrais prendre conscience de mes états colériques, que ce sont mes pensées et mes croyances qui provoquent ma colère et non pas la personne qui l’a déclenchée. Il s’agit de mon propre mode de fonctionnement. L’autre n’est qu’un stimulus et non pas la cause de ma colère. Il s’agit d’exprimer à l’autre ce qui me dérange dans le comportement sans interprétation à son encontre. Il s’agit d’observer sans juger, en décrivant strictement les faits sans les évaluer.

Une fois cette prise de conscience faite, je peux en chercher une autre tout aussi essentielle. En effet, je peux chercher mes besoins non satisfaits qui se cachent derrière ma colère et rejoindre mes émotions primitives. Elles peuvent être fortes, intenses, il peut s’agir d’un cri d’appel de ce dont j’ai tant besoin : une colère expressive qui parle de douleur, bouleversante mais pas accusatrice et tournée contre les autres.

Tous mes sentiments de peine, tristesse, peur, blessure sont certes douloureux mais pas destructeurs. Ces voix intérieures vous donnent accès à vos besoins non satisfaits. Il est précieux de les écouter, de vous apaiser pour aller chercher ce qui se cache derrière votre douleur. Enfin, il est important de ne pas vous faire de reproches et de vous connecter rapidement à votre vivant dans toutes ses formes d’expression.

Ainsi, au lieu de rendre l’autre responsable de vos sentiments (« tu me fais de la fait peine », « tu me blesses», « tu me fais enrager », « je suis déçu de toi »…), recherchez quelle est leur cause ! Quels sont vos besoins ici et maintenant qui ne sont pas comblés ?

Vous souhaitez en savoir plus ? Découvrez la suite de l’article dans la deuxième partie juste ici

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